« Le clown est un poète en action. » -Henry Miller
La naissance
Avec son maquillage et son costume, Fredolini est le type même du clown blanc, directement inspiré du pierrot de la commedia dell’arte, avec son visage enfariné. Fredolini, de son vrai nom Frederico Boris Iuliani, est le fils du célèbre clown Patapouf (Giovanni Iuliani) , qui a fait sa marque un peu partout dans le monde au cours des dernières décennies. « Mon père fait le clown depuis 50 ans et il est toujours aussi passionné de son métier. Pour ma part, j’ai débuté à l’âge de 4 ans. J’ai fait un spectacle de 15 minutes au Centre Paul-Sauvé devant plus de 300 personnes. Les gens ont applaudi et… j’ai fait pipi dans mon pantalon ! Mon amour du cirque et des clowns ne date pas d’hier. » Petit, Fredolini ne manquait jamais une émission des clowns Sol et Gobelet. Chaque samedi matin, comme tous les autres jeunes de son âge, il se gavait de dessins animés de toutes sortes dont le fameux Wile E. Coyote (Road Runner). Enfant de la balle, il faisait parti du voyage, signifiant par cette expression qu’il suivait les artistes de cirque en tournée. Chaque été, accompagné de sa mère et de sa sœur Giuliana, Fredolini rejoignait son père afin de participer aux spectacles de cirque.
La famille et la révélation

Le célèbres clowns Cachou, Fredoliniet Patapouf. (c) 2000 Photo Tous droits réservés. Annie Fortin Photographe
Chez les Iuliani, être clown, c’est une tradition qui se perpétue de père en fils. Il y a d’abord le père, Giovanni, dit Patapouf, et la mère, Suzanne, qui crée et confectionne les costumes. Il y a aussi Frederico Boris Iuliani, qui a choisi de suivre les traces de son paternel, non sans avoir préalablement tenté de gagner sa vie autrement. « J’ai fait des études en droit et en cinéma. J’ai été banquier, aussi. Pendant tout ce temps, d’ailleurs, je regardais mon père de très haut, avec beaucoup de condescendance. Puis, un jour, j’ai cessé de me prendre au sérieux », raconte celui qui se présente aujourd’hui en piste (et en entrevue) sous les traits du clown blanc Fredolini. « De toute façon, je n’ai aucun talent de contorsionniste et les animaux, ça coût bien trop cher à nourrir », enchaîne-t-il d’un grand éclat de rire. Frederico Boris Iuliani a donc troqué son costard trois pièces et sa cravate pour les costumes conçus par le maquilleur et concepteur visuel Gary Wyatt, et réalisés par la maman du clown. En 1997, les Iuliani lançaient le Cirque national des clowns, une joyeuse troupe formée exclusivement de clowns et de quelques musiciens. « À ma connaissance, nous sommes le seul cirque entièrement clownesque en Amérique du Nord, lance fièrement Fredolini. En fait, cela nous permet d’avoir notre niche, notre créneau bien à nous. »
Les honneurs philatéliques

Lancement des timbres du Cirque (c) 1998 Photo Albert Vincent Journal de Montréal. Tous droits réservés.
Le 1er octobre 1998, la famille Iuliani a réussi un sacré tour en apparaissant comme par enchantement sur des timbres-postes canadiens. Les quatres timbres de 45 cents, consacrés au cirque, sont ornés des figures de personnages que l’on voit traditionnellement dans le fameux « cercle magique », lieu sacré où les clowns exécutent leur numéros. Comme il se trouve que l’un d’entre eux est le père de l’autre, ce fut la première fois dans l’histoire postale canadienne que l’on a pu voir un duo père-fils sur deux timbres d’une même émission. Fredolini a considéré cet honneur, et surtout ce privilège, comme un prolongement de sa démarche artistique qui est de perpétuer la tradition clownesque et surtout d’en relater l’histoire. Une mention de félicitation fut proclamé au Parlement du Canada, à l’initiative du député de leur municipalité.
Une autre farce a été réalisée quelques mois plus tard. Fredolini a prêté ses traits pour un cachet à date, émis le 29 mai 1999 pour l’exposition philatélique QUOFILEX . Il est la première personne vivante dont les traits sont reproduits sur un cachet d’oblitération. Voilà donc une nouvelle incursion de la poste dans le monde des vivants, ce qui a constitué à l’époque une nouvelle étape d’abolissement des interdits dans le domaine philatélique canadien.
La publicité
Fredolini a également servi à une campagne publicitaire La Presse. Des centaines d’affiches montrant l’illustre clown lisant le journal ont tapissé les murs des stations du métro montréalais. Naturellement, il tenait la section Politique du vénérable quotidien ! Il a aussi participé à la réalisation d’une campagne publicitaire nord-américaine pour la firme de recrutement de personnel Recruitsoft.com.
Le Cirque national des clowns
Depuis la fondation du Cirque national des clowns (CNC), Frederico Boris Iuliani assume la direction et assure sa destinée. À ce jour, il a produit deux grands spectacles, Anthologie et Taddah !, lesquels respectent rigoureusement les règles de l’art par leurs nombreuses entrées clownesques. Plus de 250 000 personnes ont assistés aux diverses représentations de la production Anthologie, et près de 200 000 ont vu Taddah ! Notre clown a aussi reçu un accueil chaleureux et élogieux de la critique et a présenté ses spectacles dans les plus grandes salles et amphithéâtres du Québec. Il s’apprête à offrir ses prestations à l’étranger de manière plus régulière. Il a eu le privilège d’amener sa troupe en Martinique, à l’occasion du 33e Festival culturel de la ville de Fort-de-France. Il a par la suite présenté ses spectacles en Chine ( Nanjing International clown Festival, au Maroc et en Italie. Il a même réalisé l’ultime rêve, visiter et performer dans le village natal de ses arrières-grands parents: Guardialfiera. Il y a d’ailleurs emmené avec lui son papa chéri, dont il espère fortement qu’il saura l’apprécier. Mais bon…c’est une autre histoire.
